Naufrage au restaurant
Nids de poule sur le chemin. Un chemin pas balayé ni éclairé. Une fois stationnés, nous suivons les pancartes de travers pour trouver l'entrée du restaurant. Escalier dans la pénombre et sans éclairage. Nous arrivons sur une terrasse. Les portes sont fermées, sans éclairage. Nous pensons que l'établissement est fermé. Nous ouvrons une porte. Des grandes salles sans la moindre personne, sans le moindre bruit. Au loin un employé nous voit, tourne les talons. Ambiance… Nous avançons et ce monsieur ne nous adresse la parole qu'une fois au seuil de la salle du restaurant. Accueil froid. Devant nous, une grande salle, 17/18 tables. 3 occupées, dont la notre. Nous sommes installés face à une baie vitrée d'où, nous devons voir la Loire quand il fait jour. Sauf qu'il fait nuit. Nous sommes assis face à une fenêtre noire, face à nous-même. Ambiance...
Le maitre d'hôtel nous apporte les cartes. Toujours sans un mot aimable. Nous optons pour deux menus 5 services à 85€ et ce monsieur de dire "j'espère que vous avez faim".
Il vient nous servir en vin. Premier verre, bim, des taches sur la table. Il se met à tripoter le pansement qu'il a à la main pour essayer d'avoir notre sympathie. Si vous ne pouvez pas servir, déléguez à votre cheffe de rang ou à la commis présente. 3 employés pour 3 tables, ça devrait aller non?
L'amuse-bouche arrive, oublié dès le lendemain. Ensuite un pressé de suprême de volaille, petit, fade, sans intérêt. Sans présentation d'ailleurs. Allez, devinez ce que vous mangez ;)
A suivre, un dos de rouget immangeable tellement il était bersillé salé. Les sauces, l'accras. Tout. Nous faisons la remarque. Réponse : "je l'ai déjà dis au chef ce midi". Ambiance… Soit il n'écoute pas, soit il s'en fiche. C'est presque du sabotage à ce niveau là.
Pour le bœuf à suivre, rebelote. Les sauces et réduction sont hyper salées. La portion ridiculement petite. C'est un menu en 5 services, pas 8. Il va falloir nous faire manger à un moment. L'équipe nous demande à plusieurs reprise "c'est allé, c'était moins salé". "Non, votre chef n'a pas refait ses sauces et réductions entre le poisson et la viande, donc non, c'est salé aussi et c'est du gachis."
Après le bœuf, vu que nous avons faim, nous demandons une assiette de fromage. Monsieur repart en cuisine en soufflant d'exaspération...
On passe au prédessert, une ile flottante. Amusant, très bon caramel au cœur. Par contre, la tuile de sucre, c'est un calvaire à manger. Ca colle partout et d'un amusement sucré, on passe à un moment pénible ou il faut se curer les dents en discrétion. Pas ouf.
Enfin le dessert, la cerise sur le gâteau. Un dessert autour de la poire et du champignon. J'adore les champignons. Et là, je vois un défi. Oui, une mousse de champignon en dessert, sur une poire pochée et un sorbet. Le sorbet était magnifique, avec des pépites croustillantes. Par contre, la poire était fade, sans sucre ni arôme. Et la mousse de champignon… Une boue immonde. J'imagine que ça doit être sucré normalement, parce que là, c'était juste infect. A mon sens, ils ont oublié de mettre le sucre en montant la mousse/crème. Et ils ne goutent pas. Résultat : dégoutant. Ou alors si c'est ça la vraie version du dessert, au secours.
Tout ça dans une atmosphère pesante, sans musique. Avec pour seuls bruit les éclats de rire qui viennent de la cuisine et la porte de la cuisine qui couine et grinche à chaque mouvement. Ambiance... Et bien franchement, y'avait pas de quoi rire. Nous étions venu pour célébrer l'anniversaire de mon épouse et en voyant le déroulement, nous avons préféré garder cette information pour nous pour éviter de rajouter au malaise.
Pour 220€ de note finale (ils nous ont offert le fromage, grands seigneurs), nous l'avons bien en travers de la gorge. Rien n'est allé. C'est l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire dans un restaurant. On sent qu'il y a de l'investissement niveau déco et mobilier.
Et pour répondre à cette phrase d'introduction du maitre d'hôtel "j'espère que vous avez faim", et bien nous avions toujours faim en partant !!
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